Que faire
Face à jamais
Sinon chercher
Toujours
Dans quelques notes dérobées ?
Depuis, 5 jours se sont passé. Beaucoup de choses ont déja changées
Un crève-coeur.
Et moi ? Et moi, qu'est ce que je ressens ? Je bavarde à longueur de journée mais je ne suis pas très courageuse. J'ai peur d'aller en moi-même et de voir ce qui s'y passe. J'ai honte aussi. Je pense que je n'avais pas encore vraiment souffert. Ou plutôt : je souffrais mais sans que ca fasse mal et, du coup, tous mes petits projets, c'était du luxe d'ado sans problèmes. La petite fille qui veut faire son interessante..
Mais là, et pour la premère fois, j'ai eu mal, tellement mal. Un coup de poing dans le ventre, le souffle coupé, le coeur en compot, l'estomac complètement écrabouilée.Une douleur physique insoutenable. Je me suis demandé si je m'en remettrais un jour, de cette douleur là. J'avais mal à en hurler, mais je n'ai pas hurlé. Ce que je ressens maintenant que la douleur est toujours là mais qu'elle ne m'empêche plus de marcher ou de parler, c'est une sensation d'impuissance et d'absurdité totales. Alors c'est comme ca ? Tout d'un coup, tous les possibles s'éteignent ? Une vie pleine de projets, de discussions à peine commencées, de désirs même pas accomplis, s'éteint en une seconde et il n'y a plus rien, il n'y a plus rien à faire, on ne peut plus revenir en arrière ?
Pour la premère fois de ma vie, j'ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c'est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu'on dit avant d'avoir été confronté à un vrai "plus jamais". Finalement, on a toujours l'illusion qu'on contrôle ce qui arrive ; rien ne nous semble définitif. J'avais beau me dire toutes ces dernières semaines que ca allait bientôt arrivé, je ne m'y attendais pas. Mais je peux vous dire, que quand la personne que vous aimez le plus au monde, vous quitte, alors ça fait très très très mal. C'est comme un feu d'artifice qui s'éteint d'un coup et tout devient noir. Je me sens seule, malade, j'ai mal au coeur et chaque mouvements me coûte des efforts colossaux.
Et puis il s'est pasé quelque chose. C'est à peine croyable tant c'est un jour de tristesse. J'avais l'air fatigué, plus fatigué que triste ; je me suis dis : c'est comme ça que la souffrance se voit sur les visages sages. Elle ne s'affiche pas ; elle donne juste l'impression d'une très grande fatigue.
En allant dehors, je me suis arrêté net : quelqu'un c'était mis au piano et on entendait très bien ce que quelqu'un jouait. C'était du Beethoven, enfin, je ne suis pas sûre (mais en tout cas c'était du classique).
Je n'est pas réellement de pensée profonde sur le sujet.
D'ailleurs, comment avoir une pensée profonde dans cette situation ? Mais je sais que je me suis arrêtée net et que j'ai respiré profondément en laissant le peu de soleil réchauffer mon visage et en écoutant la musique qui venait de là-haut. "Je pense que tous les deux, on aurait aimé ce moment là ", me suis-je dis. Et je suis encore resté là quelques minutes, à écouter la musique.
En pensant à ça, ce soir, le coeur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté ou le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais.
Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.
C'est pour cela que j'ai choisie d'écrire des pensées profondes.
Car, pour toi, je traquerai désormais les toujours dans le jamais.
Le beauté de ce monde.
